Raiatea dans les yeux d’Iris et Amir
Après plusieurs mois à raconter notre vie ici, nos découvertes et notre adaptation, il nous semblait important de laisser aussi la parole aux enfants. Leurs mots ne sont pas préparés, pas reformulés : ils disent simplement ce qu’ils ressentent, à leur manière — la joie, la curiosité, les petites peurs, les souvenirs d’avant et les envies d’après.
Iris et Amir vivent le Fenua différemment de nous. Ils observent, s’étonnent, s’adaptent et posent un regard neuf sur tout ce qui nous entoure : la mer, la montagne, l’école, les amis, la maison. Ce regard d’enfants, c’est aussi une façon de comprendre ce que vivre ici veut dire : sans filtre, sans distance, avec des yeux grands ouverts.
Iris

Quand on lui demande ce qu’elle pense de ces trois mois à Raiatea, la réponse d’Iris fuse sans hésiter :
« C’était génial ! On est allés à Tahiti, c’était trop bien ! Et maintenant on va aller à Huahine. J’aime bien la vue de notre maison ! On a une grande fenêtre à la maison. »
Pour elle, tout est découverte. Elle parle de la maison, de la fenêtre, du paysage. Ce qui compte, c’est ce qu’elle voit et ce qu’elle ressent.
Et l’école ?
« L’école, on fait plein de choses ! Il y a plein d’activités, c’est trop bien ! »
L’enthousiasme est intact. Elle aime apprendre autrement, entre les sorties, les activités, les moments de partage.
Quand on évoque Dunkerque, elle hésite un peu, puis dit :
« C’est les décalages ouverts. Quand on appelle les autres, c’est pas pareil. Et pour la Star Academy, on peut pas regarder parce que c’est pas la même heure ! »
Les décalages horaires deviennent pour elle un repère du quotidien. Ce n’est pas un manque, juste une autre mesure du temps.
Et puis il y a le lagon. Quand on lui demande ce qu’elle a ressenti en voyant un requin pour la première fois, elle dit :
« J’ai eu peur. »
Et pour la raie ?
« J’ai été impressionnée. »
Peu à peu, la peur laisse place à la fascination. Le lagon devient un espace de surprises, d’émotions brutes et de rêves.
« Maintenant, j’aimerais voir les tortues, les baleines et les dauphins. »
Amir

Amir, lui, parle souvent de sa maison de Teteghem. Il en garde une trace très présente, celle de sa chambre, de ses jouets, de ses repères d’avant. Mais il aime aussi sa maison de Raiatea. Pour lui, les deux coexistent sans contradiction :
« J’aime bien ma maison de Teteghem… et j’aime bien aussi ma maison de Raiatea. »
Ses jouets, il en parle souvent. Ceux qu’on a mis dans les cartons, qu’il reverra plus tard, symbolisent un lien entre les deux vies.
À l’école, il s’est vite intégré. Il s’est fait de nombreux copains polynésiens, dont il cite les prénoms avec fierté. Et depuis la rentrée, il fait de la capoeira tous les mercredis. Il aime ça, il y va sans jamais râler.
Quand on lui demande s’il a eu peur en voyant un requin :
« Non. »
Pas de peur. Il observe simplement. Il regarde, il s’habitue.
Et ce qu’il aimerait voir maintenant ?
« J’aime bien voir toutes les îles. Je veux partir en avion pour voir ma maison de Teteghem. »
Ce qu’il exprime là, c’est un mélange de nostalgie et de curiosité. Le désir de voyage, d’aller voir ailleurs, mais aussi de relier ses deux mondes.
Amir dit préférer la montagne au lagon. Pourtant, dès qu’il entre dans l’eau, on voit son visage s’illuminer. Il regarde les poissons, les coraux, les reflets, et joue pendant des heures.
Elle illustre parfaitement ce qu’ils expriment ici : la découverte, la douceur du Fenua, et le plaisir simple de chanter ensemble.




