Un an après le mail : Alice raconte pourquoi elle a choisi de partir enseigner en Polynésie
Il y a exactement un an, un mail est arrivé dans la boîte d’Alice. Un mail officiel, avec le nom d’un établissement, une île, une date. En quelques lignes, ce qui était encore un projet est devenu une réalité.
Ce moment, on l’avait raconté en partie dans nos articles. Mais il y a des choses que l’écrit ne transmet pas complètement. Le ton d’une voix. Une hésitation. Un rire qui arrive au mauvais moment. La manière dont quelqu’un raconte une décision qui a changé sa vie.
C’est pour ça qu’on a lancé Pas loin du lagon. Un podcast qui donne la parole à celles et ceux qui ont fait ce choix. Pas pour donner des conseils, pas pour embellir la réalité. Juste pour raconter, honnêtement, ce que ça donne vraiment de partir enseigner au Fenua.
Pour ce premier épisode, Alice raconte tout. Depuis le début.
Ce n’était pas un projet de voyage
Avant d’être une décision professionnelle, la Polynésie était pour Alice une destination inaccessible. Trop loin, trop cher, pas dans les priorités. Ce n’était pas dans la to-do list des voyages à faire.
Et puis Iris est rentrée de l’école un jour en chantant une chanson de Vaiana. Elle avait regardé le clip peut-être une centaine de fois pour préparer la fête d’école. Et elle a fini par dire, simplement : « Moi, mon rêve, ce serait de vivre à Tahiti. »
Ce n’était pas un plan. Ce n’était pas une décision. C’était une graine. Plantée en 2022, dans un moment ordinaire, par une petite fille de moyenne section. Trois ans plus tard, la famille était dans un avion pour Raiatea.
Un coup de tête assumé
Ce qui frappe dans le témoignage d’Alice, c’est l’honnêteté sur le moment de bascule. Ou plutôt son absence.
« Je n’arrive pas vraiment à définir s’il y a eu un moment de bascule. Je pense que ça a été vraiment un coup de tête. On s’est mis un bon coup de pied aux fesses et puis voilà, on a commencé. »
Le dossier à rendre en une semaine. Les appréciations à récupérer en urgence. Les circulaires lues en diagonale. Ce n’est pas le portrait d’une décision mûrement réfléchie dans ses moindres détails, c’est celui d’une famille qui a saisi une opportunité au moment précis où elle se présentait, parce que les conditions étaient réunies et que renoncer aurait ressemblé à une erreur.
La nuit du mail
Alice n’était pas stressée pendant l’attente. Elle le dit clairement. Ils planifiaient leur voyage à Bali comme si de rien n’était. La réponse était attendue pour le 21 mars. La veille, ils n’avaient même pas pris le temps d’en reparler entre eux.
Et puis le matin du 21, à 6h20, Alice descend, ouvre son ordinateur, et lit le mail.
« Mon cerveau a buggé. J’ai relu cinq fois en répétant ‘C’est pas vrai, c’est pas possible’. John dormait encore. Je suis montée, j’ai ouvert la porte de la chambre, j’ai juste dit ‘Chérie’. Et il m’a répondu ‘On a eu une MAD ?’ J’ai dit oui, on l’a. »
Ce qui suit, c’est une journée longue et étrange. Alice ne réussit pas à travailler avec ses élèves. Elle ne parvient pas à cacher la nouvelle à ses collègues. Et surtout, le matin, elle voulait dire non. Le soir, sa réponse était oui.
Ce que ça donne huit mois après
Dans l’épisode, Alice parle aussi de la réalité du terrain. De son poste dans un CJA, une structure qui n’existe qu’en Polynésie française, à la frontière entre la SEGPA et la classe relais. Des élèves qui se demandaient ce que cette petite popa’a venait faire là. Du temps qu’il a fallu pour gagner leur confiance. Et de ce qu’elle y a trouvé finalement.
« Même à 38 ans, même à 41 ans, on n’est plus les mêmes. On se sent privilégié. »
Ce n’est pas une formule. C’est un constat, dit simplement, après huit mois de vie à Raiatea.
Écouter l’épisode
Le premier épisode est disponible sur Spotify. Alice y raconte tout ce qui précède, et beaucoup d’autres choses que l’article ne dit pas, les doutes, les discussions du soir, la lettre, et les conseils qu’elle donnerait aujourd’hui à ceux qui hésitent encore.
Dans les prochains épisodes de cette première saison, on continuera à suivre le parcours d’une mise à disposition : la préparation, l’arrivée, la réalité du terrain, et même le retour. D’autres voix, d’autres expériences.
Si vous envisagez une mise à disposition en Polynésie française, vous pouvez aussi lire nos pages Enseigner au Fenua et S’installer au Fenua. On y raconte tout ce qu’on a découvert depuis le départ : les démarches, le logement, le coût de la vie, l’arrivée sur place et la réalité du quotidien. Le podcast complète ces articles en donnant la parole à celles et ceux qui l’ont vécu.
À propos du podcast
Pas loin du lagon — le podcast est un podcast en cinq épisodes qui suit toutes les étapes d’une mise à disposition : le moment où l’idée apparaît, la préparation, l’arrivée, la réalité du terrain, et même le retour.
Un épisode toutes les deux semaines. Disponible sur Spotify.




