Nos premiers mois à Raiatea : entre ancrage et découverte
Deux mois et demi déjà sur Raiatea, presque trois. Le temps de quitter la phase d’installation pour entrer dans une vraie routine. Les enfants se sont bien intégrés à leur école, leurs activités se sont enchaînées naturellement, Alice a pris ses marques au travail, et de mon côté, j’ai trouvé un équilibre entre sport, rencontres et engagements progressifs.
Si nos premiers jours sur l’île avaient encore un goût de découverte, de “wahou” permanent et d’ajustements en tout genre, on entre désormais dans une autre étape : celle où les habitudes s’installent doucement, sans effacer la curiosité des débuts.
Les enfants : école, copains et activités
L’école leur plaît, et chacun a trouvé son rythme. Iris alterne entre la gymnastique, la danse du mardi soir (avec Alice) et la natation le mercredi midi. Amir, lui, a commencé la capoeira le mercredi après-midi — deux activités très différentes, mais dans lesquelles ils s’épanouissent.
À la sortie de l’école, ils échangent déjà quelques mots tahitiens, apprennent des chansons locales et racontent leurs journées avec enthousiasme. Leur aisance et leur joie de vivre sont devenues les meilleurs repères de notre propre adaptation.
Alice au CJA : un nouveau cadre, la même énergie
Pour Alice, l’adaptation a été rapide. Elle a intégré le CJA (Centre pour jeunes Adolescents), un environnement bien différent de la SEGPA qu’elle connaissait en métropole. Mais comme toujours, elle a trouvé sa place, entre rigueur et bienveillance. Sa motivation et son engagement font déjà la différence au sein de l’équipe. Et le vendredi soir, place à la danse : un moment pour elle, pour souffler, rire, et s’ancrer un peu plus ici.
Entre bénévolat et vie locale
De mon côté, j’ai commencé à me rapprocher du tissu associatif local. J’ai pris contact avec Vahine Orama no Raromatai, une association engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes. L’équipe est déjà bien rodée, les collègues mènent un travail essentiel face à une problématique lourde et à des moyens souvent limités. Pour l’instant, j’observe, j’échange, et je participerai à leur événement prévu en novembre. On verra ensuite comment m’impliquer davantage, à mon rythme.
J’ai également rejoint la bibliothèque associative pour prêter main forte, et j’interviens ponctuellement auprès d’une classe de maternelle. C’est un projet simple mais utile, qui permet de rencontrer, d’échanger, et de garder le lien avec ce que j’aime le plus : les enfants, les mots et l’écoute. Le tout s’équilibre bien avec le sport : un peu de kayak sur le lagon, du badminton le vendredi soir, et parfois des randonnées avec les copains rencontrés ici.
Des liens et des rencontres
Côté social, les choses se sont faites naturellement. Ici, on se parle, on s’invite facilement. Les goûters deviennent des apéros, les apéros se transforment en dîners, et parfois, on finit par passer une journée entière sur un motu avec les amis. Cette simplicité des relations, sans artifices, fait du bien. Les proches manquent, bien sûr, mais on sent que des liens solides commencent à se tisser ici.
Un autre rythme
Le rythme scolaire, ici, change tout : des vacances toutes les cinq semaines, de durées variables. Une semaine en septembre, une autre bientôt — direction Huahine cette fois — puis une grande pause d’un mois en décembre-janvier. On a prévu de partir en Nouvelle-Zélande à ce moment-là. Ces coupures régulières nous vont bien : elles cassent la routine sans la disperser.
Trouver sa place, ensemble
On peut dire aujourd’hui qu’on se plaît ici. L’adaptation est faite, les habitudes s’installent sans enfermer. Le cadre est magnifique, la nature omniprésente, mais c’est surtout le rythme et la chaleur humaine qui marquent. Les journées sont pleines sans être pressées. Pour les enfants, c’est une chance ; pour nous, une respiration. Et chaque semaine apporte son lot de découvertes, de petits ajustements, et de moments à partager.







