Faire du sport à Raiatea : ce que l’île a vraiment changé dans notre manière de bouger
Quand on pense à notre arrivée ici — on en parlait dans notre premier article sur Raiatea — on imaginait juste continuer la course à pied et ajouter un peu de kayak. Rien de précis, rien de construit. Et finalement, comme souvent au Fenua, tout s’est fait autrement, parce que l’île propose d’autres façons de bouger : plus simples, plus libres, parfois inattendues.
Au fil des semaines, le sport a pris une place qu’on n’avait pas anticipée. Pas un sport en particulier : une manière de vivre. Être dehors, suivre le rythme du climat, profiter quand c’est possible. Ici, rien n’est figé. Le sport s’installe dans les journées presque naturellement.
Courir au bord du lagon : beau, mais pas toujours simple
Je continue de courir près de chez nous, le long de la route qui longe la mer. Pas longtemps : cinq à huit kilomètres, juste de quoi garder la forme. Le matin tôt, l’air est encore supportable, la lumière change doucement, et courir avec la montagne derrière et le lagon devant est quelque chose qu’on n’imagine pas avant de le vivre.
Mais courir ici demande une attention particulière. Les trottoirs ne sont pas partout, les voitures passent près, certains chiens errants décident de suivre un moment. Rien d’insurmontable, mais on apprend vite à rester vigilant.
Alice a aussi essayé de courir en arrivant. Mais ici, les chiens errants peuvent surgir d’un coup, suivre un moment, ou devenir insistants. Ce n’est pas théorique : ils peuvent mordre, et ça change complètement la manière de courir. Elle partait parfois avec une petite machette, juste pour se rassurer. Sur le moment, c’était simplement une façon d’être tranquille. Au fil des sorties, elle a dû gérer plusieurs chiens trop proches ou imprévisibles, et ça a fini par lui enlever le plaisir. Rien d’exagéré : juste la réalité de certaines routes ici. Pour l’instant, elle préfère faire une pause. Ici, ce n’est pas la motivation qui manque : c’est l’environnement qui impose certains choix.
La pluie fait partie de l’organisation
Un footing peut être interrompu par un grain, une sortie kayak peut se terminer sous l’averse, et une séance de natation peut dépendre du ciel du jour. Les sports en salle deviennent alors des valeurs sûres : badminton, tennis de table, danse, capoeira. A Raiatea, on ne renonce pas par manque d’envie, mais parce que la météo décide parfois pour nous. Un peu comme on l’a raconté dans notre article sur l’humidité et le quotidien ici . Rien n’est parfaitement stable, mais tout finit par trouver sa place.
Iris : natation… et gym chaque jeudi

Pour Iris, la natation s’est imposée naturellement. Elle en avait déjà fait en métropole, mais ici c’est autre chose : le lagon fait partie du quotidien, savoir nager est indispensable. Elle a vite progressé et gagné beaucoup de confiance. Le jour où elle a nagé avec les requins sans peur, on a compris ce que vivre ici pouvait lui apporter.
Elle fait aussi de la gym depuis notre arrivée, tous les jeudis. Un spectacle est prévu en décembre, qu’elle attend déjà. Elle adore ça. C’est un autre moment de sa semaine, différent de la natation, mais qui lui fait tout autant de bien.
Amir et la capoeira : la surprise
Pour Amir, on imaginait un petit sport ludique. On était loin de deviner qu’il ferait de la capoeira. Et pourtant, il pratique aujourd’hui en salle, en petit groupe, avec une prof pleine d’énergie qu’ils appellent Matrix. Il a accroché immédiatement. Chaque semaine, c’est son rendez-vous, sans jamais râler. Et en le regardant, on se dit que c’est exactement le genre de surprise que réserve la vie sur une île et ça lui correspond parfaitement.
Alice et la danse polynésienne
La danse polynésienne est devenue un vrai plaisir pour Alice. Elle danse deux fois par semaine : un cours le vendredi avec une prof qui est une pointure dans le ‘Ori Tahiti, et un autre cours gratuit le mardi à Avera, ouvert à tous, auquel Iris participe aussi. Les gestes ont un sens, toujours liés aux paroles. Ici, la danse n’est pas un spectacle : c’est une pratique vivante, ancrée dans le quotidien. Avec le temps, pratiquer le ‘Ori Tahiti chaque semaine, finit par devenir la chose la plus normale du monde.
Moi : badminton, tennis de table… et peut-être autre chose
Je pensais courir, point. Finalement, mes fins de semaines sont rythmées par le badminton et le tennis de table. Le badminton se joue dans une ambiance simple, créée par des profs du lycée. Le tennis de table, c’est différent : un entraîneur passionné, des jeunes motivés, une progression tranquille. Moi, j’y vais pour le plaisir.
L’aïkido me tente aussi. Ici, il est facile d’essayer, d’arrêter, de recommencer. Rien n’est figé.Le va’a : une envie mise en pause
Je pensais m’inscrire au va’a en arrivant, mais les clubs préparaient la Hawaiki Nui. Les inscriptions étaient closes. Le va’a prendra sa place plus tard. C’est un monde à part, une énergie collective. On en parlait ici : notre article sur le va’a .
Une île où tout le monde bouge
Raiatea propose énormément malgré ses contraintes. Oui, les infrastructures sont simples. Oui, certaines associations perdent leurs créneaux ou leur coach. Oui, la météo chamboule parfois les plans. Mais l’île bouge, tout le temps. Et ce sont souvent des scènes du quotidien — un rameur au petit matin, une danseuse qui s’entraîne sous un fare, des enfants qui jouent après la pluie — qui rappellent à quel point cette île est attachante.
Ce qu’on retient
On pensait garder nos habitudes. On se retrouve avec une fille qui nage avec assurance, un petit qui fait de la capoeira, une maman qui danse, et un papa qui transpire au badminton et au tennis de table. Tout n’était pas prévu. Et pourtant, tout semble logique quand on vit sur cette île.
On pensait simplement continuer à courir. Raiatea nous a surtout appris à bouger différemment. Et pour l’instant, c’est largement suffisant.
Informations utiles – Tarifs observés en 2025
Les tarifs varient selon les clubs et les périodes. Voici une idée générale :
- Natation : environ 25 000 F (≈ 210 €) pour l’année
- Capoeira (petits) : environ 6 000 F les 10 séances (≈ 50 €)
- Gym enfant : autour de 3 800 F par période scolaire (≈ 32 €)
- Danse polynésienne : environ 10 000 F les 10 séances (≈ 84 €)
- Badminton : autour de 5 000 F pour l’année (≈ 42 €)
- Tennis de table : environ 2 500 F pour l’année (≈ 21 €)
Ces montants donnent simplement une idée. Les clubs évoluent selon les salles et les entraîneurs disponibles.







