Deux jours à Taha’a — une parenthèse de douceur
Après cinq semaines d’école et de travail intense — la nouveauté du public et les ajustements dans ma pratique m’ont bien mobilisée — nous voilà enfin en vacances. Nos premières en Polynésie française. Pour un début, nous n’avons pas cherché l’éloignement : cap sur Taha’a, l’île vanille. C’est l’île où je me rends chaque matin pour le CJA, à quinze minutes seulement de bateau de notre Raiatea. Cette fois, j’avais envie de la découvrir vraiment, dans toute sa beauté. Jusqu’ici, je ne connaissais que Haamene et sa centaine de mètres de route, mais les récits de mes élèves et collègues avaient éveillé ma curiosité.


Lundi 15 septembre — cap sur l’île vanille
Le réveil sonne tôt : bateau à 8 h. Nous embarquons sur le Taha’a Express sous un ciel clair et une brise salée. Quinze minutes plus tard, le quai de Vaitoare apparaît, paisible. Ici, le temps semble ralentir. On nous avait dit : « Taha’a pour les vacances, Raiatea pour vivre ». Je comprends immédiatement. À l’arrivée, collier de fleurs, sourire du chauffeur : un accueil polynésien dans toute sa simplicité.
Après un petit-déjeuner sur la terrasse vitrée de la pension, nous récupérons la voiture de location, notre passeport vers la liberté. Direction Tapuamu — « tapu » pour couper, « amu » pour manger, comme me l’ont expliqué mes élèves. Le village tirerait son nom d’une ancienne réputation de ses ancêtres. Première étape : la rhumerie Manoa. Jolie visite, mais difficile d’en profiter entre les groupes débarqués d’un bateau de croisière. Nous poursuivons vers la distillerie Pari Pari, à quelques centaines de mètres : cette fois, seuls avec le guide. Immersion dans les parfums mêlés de canne et de vanille, et dégustation en fin de visite. Tout est soigné, sincère, artisanal.
Ensuite, halte à la ferme perlière Ia Ora Na, entre Tapuamu et Patio. Quelques cabanes de bois sur pilotis, des cordages suspendus au-dessus du lagon et un accueil professionnel. Le perliculteur nous fait découvrir chaque étape, de la greffe à la récolte. Un greffeur venu du Japon travaille, concentré, une greffe par minute, chaque geste précis. Les huîtres sont replacées dans le lagon pour dix-huit à vingt-quatre mois, surveillées et nettoyées jusqu’à révéler la perle. Mon anniversaire approche : je repars avec une paire de boucles d’oreilles, souvenir assumé d’un savoir-faire unique.
Pause déjeuner à Top Food, la roulotte de Patio. Puis direction la vallée de la vanille. Dès les premiers virages, les effluves sucrés nous enveloppent. À la vanilleraie de Faahaa, la productrice nous raconte, les yeux pétillants, le long voyage de la gousse, de la fleur à la saveur. Tout se fait ici en famille. On repart avec de quoi cuisiner et pâtisser — un souvenir gourmand de cette journée.

Ce que j’ai aimé, c’est cette façon de transmettre sans insistance. Les visites sont gratuites, sans réservation, et l’on achète seulement si l’on veut. On se présente, on est accueilli, on apprend. Une générosité simple, naturelle, qui donne envie de revenir.
Fin de journée à la pension Anahata
La journée se termine à la pension Anahata. Plage de sable blanc, lagon turquoise, masque, tuba, kayak, poissons multicolores : un aquarium vivant. Le soleil décline, le ciel se teinte d’orange et de rose. On s’endort bercés par le clapotis des vagues, avec cette sensation rare de plénitude qu’offrent les îles.
Mardi 16 septembre — motu et grand bleu
Réveil paisible, petit-déjeuner au bungalow, puis départ vers Patio. Un bateau nous attend pour le Motu Tuahi. Traversée claire, journée de rêve : eau limpide, raies pastenagues, repas polynésien sous un fare, farniente et rires partagés avec une famille en mise à disposition comme nous. Les enfants ont le même âge qu’Iris et Amir, les échanges se font naturellement. Vers 15 h 30, retour tranquille. À 17 h, Uturoa réapparaît, et la vie quotidienne reprend doucement.
Deux jours seulement, mais deux jours hors du temps. Taha’a nous a enveloppés de sa douceur et de ses parfums. Un voyage simple, authentique et apaisant.







