Huahine : ce qu’on ne voit pas la première fois (et pourquoi y revenir)
On était déjà venus à Huahine en octobre. Une semaine, avec Iris et Amir. On avait suivi un programme, pris le temps de découvrir. On avait tout raconté dans notre première semaine à Huahine.
Fin mars, on y retournait. Quatre jours cette fois, avec mes beaux-parents, ma belle-sœur Violette, mon beau-frère Paul et leur bébé de cinq mois.
On avait hésité avec Bora-Bora. Longtemps. Mais trouver un logement pour neuf personnes là-bas, ça complique tout, le choix et le budget. Huahine s’est imposé. On connaissait, c’était juste en face de chez nous, et on avait envie de leur faire découvrir.
Alice et moi, on se disait qu’on connaissait déjà. Qu’on allait refaire les mêmes choses. C’est exactement ce qui s’est passé. Et c’est exactement ce qu’on avait tort de redouter.
La première fois, l’île vivait au rythme de la Hawaiki Nui. Cette fois, tout était plus calme. On repassait aux mêmes endroits avec neuf mois de Polynésie en plus dans la tête, et on ne voyait plus tout à fait la même chose.
Avion ou bateau pour aller à Huahine
La première fois, on avait pris l’Apetahi Express. Une heure de bateau, Iris malade, la mer moins clémente qu’espéré. Cette fois, on avait pris l’avion. Même prix, quart d’heure de trajet dont cinq minutes de vol réel.
Le taxi, c’était Olivier. Un van, neuf dedans, tout le monde y tenait. Il cause facilement, connaît la métropole, on a fait la route ensemble dans ce genre de conversation qu’on n’a pas le temps d’avoir d’habitude.
Iris et Amir étaient excités, ils le sont toujours quand il y a un avion. Mais cette fois c’était différent : papy, mamie, tonton Paul et tata Violette étaient là aussi, et le petit cousin dans les bras de quelqu’un. Monter dans cet avion tous ensemble, c’était déjà quelque chose.
Ma belle-mère regardait par le hublot au décollage. De là-haut, les îles se dessinent autrement. Raiatea et Taha’a dans le même lagon, Huahine en face. Une cinquantaine de kilomètres. On met plus de temps à traverser certaines villes de métropole.

On ne cherchait pas cet endroit-là (et on y est restés 4 heures)
On ne cherchait pas cet endroit-là. On cherchait une autre roulotte, celle qu’Alice avait trouvée sur internet, mais en arrivant on a vu que c’était fermé. On a regardé sur le téléphone, on est repassé devant un snack qu’on avait vu en arrivant, on s’est arrêtés. Une grande étendue d’herbe, des transats, la plage à deux mètres. On a demandé si c’était ouvert. Oui. On s’est regardés. On a posé les sacs.
Il était onze heures du matin. On est repartis à quinze heures.
Les filles nous ont rejoints un peu plus tard, sorties de leur atelier paréo. Elles ont découvert le spot d’un coup, en descendant de la voiture. Ma belle-mère a dit sublime. Ma belle-sœur Violette n’a rien dit mais son visage disait la même chose. Les enfants mangeaient, repartaient vers la plage, revenaient, repartaient. Et moi je regardais.
Avec Alice on s’était dit, quelques semaines avant, qu’on n’était pas très chauds pour retourner à Huahine. Assis sur cette herbe, avec le lagon en face et neuf personnes autour d’une table de roulotte, on ne savait plus très bien ce qu’on avait voulu dire par là.

Ce qu’on ne voit pas la première fois à Huahine
À la ferme perlière, je ne suis pas entré. Le bateau accostait au ponton, il fallait traverser en annexe pour rejoindre la ferme, avec Anatole dans sa poussette, ce n’était pas raisonnable. Je suis resté sur le quai. Les autres sont partis.
J’ai baladé Anatole le long du ponton. Il dormait par intermittence, regardait l’eau, regardait le ciel. C’était la première fois qu’on le voyait vraiment, ce petit, on l’avait croisé en photos depuis Raiatea, mais là c’était lui, en vrai, dans sa poussette, à Huahine. Ce n’était pas un sacrifice de rester. C’était autre chose.
Quand ils sont revenus, mon beau-frère et Violette étaient contents. Ils avaient fait la ferme de Taha’a avec nous quelques semaines avant, ils pouvaient comparer. Ils m’ont remercié d’avoir gardé Anatole. Moi j’étais content qu’ils y soient allés.

Le va’a, on y est retournés aussi. Loué sur deux heures, partagé entre Paul, mon beau-père et moi à tour de rôle. La première fois j’avais essayé seul, je m’étais surtout battu contre le courant. Là on se regardait depuis le lagon pendant que l’autre pagayait. Mon beau-père a kiffé.
Au musée Fare Pote’e, à Maeva, on était déjà venus en octobre avec Iris et Amir. On avait regardé les tableaux et les portraits sans vraiment savoir qui les avait faits. Cette fois, la dame de l’accueil nous a expliqué que c’était Bobby Holcomb, musicien, artiste, figure de Huahine, qui avait peint beaucoup de ce qu’il y a sur les murs, et qui avait participé à la construction du musée lui-même. On avait regardé les mêmes tableaux sans les voir.
Elle nous a aussi expliqué que c’est une association, Opu Nui, qui gère le musée. Ça m’a fait écho à ce qu’on vit à Raiatea, où c’est aussi des associations qui portent la culture, qui gardent les liens. L’association Nui Taputapuatea avec qui on avait organisé le FIFO, c’est la même logique. Autre île, même engagement.
Poisson-pierre à Huahine : ce qu’on a compris trop tard
C’était à la plage de Fare. Une plage simple, ouverte, sans installation particulière, mais avec ce lagon calme et clair qui donne envie de rester des heures. On s’était installés pour l’après-midi. Les enfants se baignaient, on était posés sur le sable, Paul et mon beau-père étaient partis faire du va’a.
Un jeune est remonté de l’eau avec un harpon. Au bout, quelque chose d’immobile, de brun, de hérissé. Je n’avais jamais vu ça en vrai. J’ai mis une seconde à réaliser. Poisson-pierre.
Les enfants se baignaient à quelques mètres de là où il l’avait trouvé.
Le jeune a dit qu’il n’y avait pas de danger, qu’il l’avait trouvé pas très loin. Il l’avait pris pour le manger, ça se mange. On a regardé nos pieds. On a pensé aux chaussures de plage qu’on n’avait pas. On a rappelé les enfants pour leur expliquer. Iris a écouté sérieusement. Amir a demandé si ça faisait mal. On a dit oui. Sans hésiter.
Neuf mois à Raiatea, deux séjours à Huahine. On savait. On n’avait pas les chaussures quand même.
Le Métis à Fare : pourquoi on y retourne à chaque fois
On y était allés la première fois et on en avait parlé longtemps après. On voulait que la belle-famille le découvre. On avait réservé pour le dernier soir.
Tout le monde a bien mangé. Les cocktails étaient bons, les plats aussi, les prix raisonnables pour ce que c’est. Ma belle-mère, mon beau-père, Paul, Violette, tout le monde avait l’air de comprendre pourquoi on en avait parlé. Il n’y a pas eu de grande conversation là-dessus. Juste ce moment où une table entière se tait parce que c’est bon et que c’est la dernière soirée et que personne ne veut que ça finisse.
On reviendra. Ce n’est même plus une question.
On en parle en détail dans notre article sur Le Métis.

Pour un deuxième séjour à Huahine, voilà ce qui nous paraît vraiment utile
- Accès : avion depuis Uturoa, environ 15 minutes de vol. Même tarif que l’Apetahi Express, sans le risque du mal de mer. Taxi Olivier pour aller à l’aéroport à plusieurs
- Durée : 4 jours suffisent pour un séjour
- Vairai Sunset Grill, Parea : bord de plage, transats, grande étendue d’herbe. Compter une demi-journée minimum
- Ferme perlière : à faire avec guide — c’est là que la visite prend son sens
- Fare Pote’e, Maeva : musée géré par l’association Opu Nui. Prévoir 45 minutes
- Restaurant Le Métis : Fare, centre-ville. Réserver pour le dernier soir
- Chaussures de plage : pas optionnelles






