Notre installation à Raiatea
Nous sommes arrivés à Raiatea à la fin du mois de juillet. Après des mois de préparation, d’attente, de démarches et d’excitation, le jour du départ avait enfin sonné. Direction Papeete avec Air Tahiti Nui, les valises pleines et la tête encore un peu dans le Nord.
Le grand départ
Le vol avec Air Tahiti Nui s’est bien passé, si l’on met de côté l’escale à Los Angeles… Disons que rester tout au fond de l’avion n’a pas aidé. Entre le débarquement tardif, les formalités interminables et la course dans les couloirs de l’aéroport, on a bien cru qu’on allait rater notre correspondance. Seul point noir du voyage, mais vite oublié.
Nous sommes arrivés à Papeete vers minuit. Fatigués, un peu désorientés, mais tout de suite séduits par la gentillesse polynésienne. Une mésaventure avec une valise prise par erreur par un autre passager a été réglée en dix minutes par le service de l’aéroport — efficacité et sourire compris.
Une nuit en Airbnb pour récupérer un peu. Il faisait chaud, très chaud. La fatigue, le décalage horaire et l’humidité formaient un drôle de cocktail. On n’a rien vu de l’île ce soir-là : il faisait nuit noire. Mais dès le lendemain matin, réveil à 5h30 pour le vol vers Raiatea avec Air Tahiti… en “premium”, s’il vous plaît. Quarante-cinq minutes de survol à couper le souffle, les îles Sous-le-Vent se succédant sous nos yeux. Premier “wahou” de la série.
L’arrivée à Raiatea
À Raiatea, tout est à taille humaine. L’aéroport est minuscule, le tarmac presque intime. La personne qui nous louait la voiture nous attendait déjà à la sortie — impossible de se rater. En quelques minutes, on avait les clés du véhicule et un taxi (merci Warren) nous déposait devant notre nouvelle maison à Avera, PK 8, côté montagne, avec vue directe sur Huahine. Un décor incroyable, presque irréel après vingt-quatre heures de voyage.
La remise des clés, l’état des lieux… et la réalité : il allait falloir un grand ménage. Rien de dramatique, mais disons qu’on n’aurait pas dormi tranquille sans un bon coup d’éponge. Heureusement, on savait à peu près à quoi s’attendre : des amis sur place nous avaient envoyé des vidéos de la maison avant notre arrivée. Les enfants ont pris possession de leurs chambres, et tout le monde s’est mis à ranger, déballer, nettoyer. La fatigue commençait à se faire sentir, mais l’excitation dominait encore.
Premiers pas, premières démarches
Une fois installés sommairement, direction Uturoa. C’était un vendredi matin — il fallait faire vite, car ici, l’administration ferme tôt. Eau, électricité : bonne surprise, nos compteurs n’avaient pas été fermés. On a quand même fait le tour pour s’assurer que tout fonctionnait. Puis pause déjeuner en bord de lagon, face à Taha’a. Un simple repas, mais un décor à lui seul capable d’effacer le décalage horaire. Les enfants étaient surexcités. Un Coca bien frais, et on est repartis pour les courses.
Sur la route, un grand camion Coca-Cola rouge vif a croisé notre chemin. Les enfants ont éclaté de rire : “Il est venu jusqu’ici ?!” Ce détail les a marqués, comme une image de transition entre deux mondes. On n’était plus tout à fait ailleurs, mais pas encore complètement d’ici. Ce jour-là, on a vraiment réalisé qu’on avait changé de vie.

Le Carrefour n’était pas encore ouvert à cette période, donc peu de choix et des prix qui, même en étant préparés, surprennent toujours un peu. On s’est quand même débrouillés, et en fin d’après-midi, retour à la maison pour ranger, aménager et surtout… souffler. Le soir, premier dîner à la roulotte Chill and Grill (à laquelle on a fini par consacrer un article). Amir s’est endormi dans la poussette, Iris a mangé sans broncher, et nous, on savourait enfin l’idée qu’on y était : à Raiatea.
Nos colocataires imprévus
Dès les premiers jours, on a découvert nos compagnons de maison : les geckos. Au début, les enfants n’étaient pas franchement ravis de les voir filer sur les murs. Mais on a vite compris leur utilité : discrets, inoffensifs et redoutables chasseurs de moustiques. Aujourd’hui, on cohabite en paix. On se contente d’un petit “bonjour” visuel en passant — eux nous tolèrent, on les remercie.
En résumé
Cette installation, c’était un mélange de fatigue, d’émerement et de réalité pratique. Les valises, la chaleur, la poussière, les démarches… mais aussi la mer turquoise, la vue sur Huahine, le calme, les sourires. En une journée, tout avait changé : le décor, le rythme, les habitudes. Et malgré les ajustements, on savait déjà qu’on était exactement là où on voulait être.
La suite de ces premiers jours, les découvertes et les ajustements du quotidien, on les raconte dans l’article sur nos trois premiers mois à Raiatea.







