Nos premiers jours : entre wahou et réalité
Les dix premiers jours sur l’île ont eu un goût de vacances. L’école ne reprenait que le 12 août pour les enfants, et Alice avait sa première réunion à Papeete le 11. Cette parenthèse nous a permis de souffler un peu avant le vrai début, de découvrir Raiatea à notre rythme et de réaliser, doucement, que cette fois, on y était pour de bon.
Découverte de l’île
Dès les premiers jours, on a voulu explorer. Sous les conseils d’amis rencontrés ici — des gens adorables qui nous ont tout de suite invités chez eux, dans une superbe maison au bord de mer —, on a pris la voiture et fait le tour complet de l’île. Une belle après-midi, ponctuée d’arrêts, de “regarde là-bas” et de “on s’arrête ici ?”.
On s’est arrêtés notamment à l’hôtel Opoa Beach, dans le sud. Le cadre est magnifique : calme, lagon clair, végétation dense, et cette impression d’être vraiment loin de tout. On y a mangé une glace face à la mer. Un moment simple, mais parfait. On fera sûrement un petit article à part sur cet endroit, il le mérite. Tout comme le Marae de Taputapuātea que l’on a découvert sur la route, un site à part, paisible, presque hors du temps.
Entre baignades et balades
Le lendemain de notre arrivée, on a découvert ce que les habitants appellent ici “la piscine”. Pas de carrelage ni de lignes de nage : c’est une avancée bétonnée dans le lagon, un endroit où les familles viennent se baigner. L’eau était translucide, Taha’a juste en face, et le mot “magique” n’était pas de trop. Les enfants y ont passé des heures à sauter, nager et rire. C’est là qu’ils ont vraiment commencé à se sentir chez eux. La convivialité ici est naturelle, immédiate, sans apprêt.
On est aussi allés à la plage de Tevaitoa, un coin paisible où les enfants ont joué dans l’eau pendant des heures. Ces premiers jours, on alternait entre balades en ville, baignades, achats pratiques et organisation de la maison. On découvrait tout à la fois : le climat, les distances, les prix, et ces visages familiers qu’on commençait à croiser plusieurs fois.
Un événement local inattendu
Le mercredi de notre arrivée, un petit événement a animé toute l’île : l’ouverture du Carrefour d’Uturoa. Une foule comme on en voit rarement ici. Des rayons flambant neufs, du choix, du monde, des rires, des caddies pleins. C’était un peu surréaliste mais franchement réjouissant. On découvrait à quel point un simple supermarché pouvait devenir un vrai moment collectif.
Ce qui nous a le plus marqués, c’est le contraste. On s’est garés sans problème sous le grand parking couvert, on a pris l’ascenseur pour accéder au supermarché. En bas, une file immense s’étendait devant les portes automatiques. Tout le monde attendait calmement de pouvoir entrer, dans une ambiance à la fois joyeuse et curieuse. J’ai rarement vu ça, même en métropole : un supermarché transformé en événement, presque comme une inauguration de fête foraine. Ce jour-là, on a vraiment senti qu’ici, les moments collectifs prennent une autre dimension.
L’escapade à Papeete
Le week-end suivant, direction Tahiti. Nous avons pris l’Apetahi Express — autrement surnommé ici le “Vomito Express”. Et le surnom n’est pas exagéré. Le sens Raiatea → Tahiti est connu pour être le plus difficile, la houle venant de face. Cinq heures de traversée, longues, très longues. Même les marins avaient le teint pâle. Les sacs distribués à bord ont vite trouvé leur utilité. Malgré tout, le personnel est resté d’une gentillesse remarquable, aidant les passagers sans un mot plus haut que l’autre.

Vers 13 heures, nous avons enfin aperçu Tahiti. Fatigués, mais soulagés. On a débarqué à Papeete et récupéré notre voiture, arrivée le même jour par le cargo. Le reste du séjour, on l’a passé en famille : balade sur le front de mer, marché, roulottes, quelques glaces, et une réunion pour Alice au palais présidentiel le lundi. Une parenthèse urbaine, animée, parfois bruyante, mais dépaysante. Et au retour, cette fois, la mer était calme : cinq heures paisibles à regarder défiler l’horizon avant de retrouver notre île et son rythme tranquille.
Retour à Raiatea
De retour à Avera, on a retrouvé notre maison, nos habitudes et nos repères. Les enfants étaient heureux de revoir leurs jouets, et nous, contents de retrouver le calme après Papeete. Cette première quinzaine avait été intense : entre la découverte, les démarches, le tour de l’île, la traversée, et l’installation, on avait le sentiment d’avoir vécu déjà plusieurs semaines en une seule.
Mais malgré la fatigue, tout prenait sens. On commençait à connaître les routes, les visages, les horaires, les nuances du lagon. Ce n’était plus un voyage, c’était le début de notre vie ici.
Deux mois plus tard, on mesurait à quel point ces premiers jours avaient posé les bases de notre nouvelle vie. On en parle plus en détail dans l’article sur nos deux mois et demi à Raiatea.







